Pour le 25ème anniversaire de la Comédie Errante, son directeur, Bob Villette et le service culturel de la ville de Barentin ont proposé vendredi dernier, une soirée-marathon exceptionnelle autour de l'œuvre d'Israël Horovitz, auteur américain qui a particulièrement accompagné la Comédie Errante depuis sa création. Depuis 1995, Israël Horovitz a offert à Bob Villette de créer en France plusieurs de ses textes. Pour ce marathon théâtral, la Comédie Errante est venu interpréter au cours du même soir trois nouvelles pièces : « Cat Lady », « John a disparu » et « Compromis ».
Dans « Cat Lady », Agnès Dewitte y campe une centenaire, une sorte de Dark Vador clownesque se déplaçant à l'aide de son déambulateur, qui au cours de sa vie, a enfilé les maris comme d'autres les perles, elle recherche désespérément son chat. Mais, y a t'il eu vraiment un chat ? L'interprétation d'Agnès Dewitte est d'un bon niveau, même si la mise en scène est un peu statique.
« John a disparu » avec Catherine Cazorla, Sophie Roussel et Bob Villette, où, sur fond de 11 septembre 2001 à New York, Horowitz nous montre que le poids des secrets familiaux reste toujours très lourd, même longtemps après la mort. On a du mal à rentrer dans cette histoire de coucherie avec la secrétaire, mille fois entendue, même si ça se passe à New York en septembre 2001 !
Après ces deux représentations pour l'entracte, le service culturel de la ville de Barentin avait fait préparer un repas, qui fut pris en commun à l'étage du Théâtre Montdory, réunissant autour d'un buffet, la grande famille des spectateurs de théâtre. Une initiative originale et qui mérite d'être rééditée. Si le repas fut payant, le service culturel offrit la boisson !
Après le repas, Bob Villette et son équipe constituée de Catherine Cazorla, Agnès Dewitte et Thibault Leger, nous servit un « Compromis » qui met en scène un chercheur, à quelques heures de valider une recherche pharmaceutique déterminante pour le monde médical, s'interroge sur l'opportunité philanthropique de faire don de sa découverte au monde, ou bien, pour une fois dans son existence, de penser à soi, à ses proches, et de monnayer enfin le travail d'une décennie. Un « compromis » entre l'argent qui fera le grand bonheur de quelques proches, ou faire don de sa découverte, qui servira l'humanité.
Le tout servi dans une mise en scène originale et une interprétation énergique arrivant à bien cerner les nouveaux rapports humains qui se nouent, non plus de vive voix, mais par l'intermédiaire des claviers d'ordinateurs, écrans et autres webcams. Bob Villette est criant de vérité, une interprétation sans faille, et Agnès Dewitte y est fantastique, comme à son habitude !
Commencer une soirée théâtrale à 18 heures pour la terminer à 23 heures était un pari risqué, mais ce fut un pari réussi.
Parmi les spectateurs, j'ai pu remarquer la présence de Israël Horovitz lui-même, venu incognito, mais comme j'ai du tact, je ne signalerai pas sa présence à Barentin…